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De temps en temps, les autorités font preuve de salubrité publique. En particulier, lorsque les bidonvilles se trouvent sur le chemin emprunté par les touristes, à qui doit être épargnée la vue de ces souffrances qui pourraient les empêcher de passer des vacances heureuses, sereines et réussies. Alors surgit la police et quelques bulldozers. Tout disparaît en quelques minutes, poussé en un tas informe, auquel on met le feu au plus vite, afin que les habitants ne puissent pas avoir la tentation de reconstruire. Ceux-ci, qui ont ainsi perdu leur pauvres biens, repartent établir un autre bidonville à quelques kilomètres , perdant les repères qu'ils avaient, perdant aussi le plus souvent les voisins avec lesquels ils avaient établi des liens.
Les gens réagissent aux vols, si fréquents soient-ils, de manière irrationnelle et presque démente. Dérober à un pauvre une chemise ou une écuelle est un acte inhumain. On ne peut s'étonner que la réaction de la victime soit, elle aussi, inhumaine.
Si la foule attrape un voleur, au marché, sur une place, dans la rue, elle est capable de le tuer séance tenante. Paradoxalement, le rôle de la police consiste plus à le protéger qu'à le poursuivre. A Tananarive, il y a quelques années, une de nos assistantes sociales me racontait qu'un voleur, pris "la main dans le sac", avait été brulé vif sur le marché. Cela, à ses yeux, était parfaitement justifié.
Le problème mondial le plus grave n'est pas de trouver de la nourriture, car celle-ci existe en abondance et ne nécessiterait que l'organisation de transports, et une bonne gestion. Le véritable problème, ce sont les hommes. Que faire de ces millions de gens vivant sur terre, de leur énergie inemployée, de la force qu'ils représentent, et qui est inutilisée. Quelle place ont ces hommes ? Sont -ils des membres de plein droit de l'humanité, sont-ils des parents pauvres, sont-ils des intrus ?
Toute solution au problème des bidonvilles passe par une intervention de la société, par une volonté politique forte, visant à freiner l'exode rural irraisonné et déraisonnable vers les agglomérations. Il est impérieux d'aider les plus pauvres et les plus démunis à produire et à écouler leur production, à entrer dans le circuit économique. Sinon leur reste seul le choix de mourir ou de devenir objet de charité.
La pauvreté absolue en milieu urbain est intolérable, insultante et attentatoire à la dignité humaine.