Comparaisons terribles
Les chiffres, décidément, son terribles. Il arrive que , mis bout à bout, ils nous interpellent. C'est le cas cette semaine. On nous annonce la mort par noyade, en Méditerranée, de 770 candidats à l'exil, de tous âges, soit pour fuir les conflits, soit pour tenter de trouver une vie digne et un emploi. Ce chiffre est en dessous de la réalité, d'autres victimes sont à déplorer parmi les centaines de milliers de candidats exploités par des passeurs attentifs à exploiter cette filière, nourrie par la crédulité et le dénuement, et sans fin. Autre chiffre à rapprocher donc de ces 770 victimes, celui des exportations d'armes de la France, qui pulvérise en 2015 ses records. Notre chiffre d'affaires en la matière atteint 16,9 milliards d'euros. L'année précédente, nous n'avions vendu "que" pour 8,2 milliards d'euros pour des matériels ou des munitions semant la mort ou la souffrance. Bien sûr, si ce n'est la France qui se livre à ce douteux commerce, d'autres pays sont à l'affût pour prendre notre place. Au moins, pourrions-nous espérer voir une partie des bénéfices colossaux réalisés se réinvestir dans l'accueil des réfugiés, plutôt que de laisser perdurer des camps indignes comme à Calais ou à Grand-Scynthe. Mais beaucoup estiment plus important de faire prospérer le capital, avant de se préoccuper de pauvres hères qui croient trouver chez nous générosité et sens du partage. Ces deux valeurs continuent heureusement d'exister dans nombre d'associations caritatives sur le terrain, dont les bénévoles font preuve d'un dévouement admirable pour soulager au quotidien les misères le plus criantes.