Par le biais d'un vote sans équivoque, les Grecs ont donc tranché, d'une manière claire et sans appel. Ils ont suivi les avis de leur gouvernement, et demandé un assouplissement de la politique économique, et des exigences de l'Union Européenne. On peut certes discuter sur le peu d'informations des votants, et sur le fait qu'ils ont été incités à émettre une opinion, sans pouvoir en mesurer les conséquences...Mais la situation a le mérite de la clarté, et il semble surtout que la difficulté actuelle soit de prendre des décisions et de définir une politique économique et budgétaire pour sortir du chaos actuel, et surtout de se donner la possibilité de faire repartir les investissements. Comment sera-t-il possible de rebâtir , pour un gouvernement qui est obligé de composer avec des partis que tout oppose , et qui nécessite l'accord à la fois de l'extrême droite et de la gauche la plus radicale ? En observant le budget de la Grêce, on s'aperçoit que l'armée , qui se trouve parmi les plus importants en Europe, dispose de lignes de crédit de très loin au-dessus des possibilités du pays. Mais comment imaginer baisser ces crédits, avec l'encombrant partenaire que constitue le parti d'extrême droite "Aube Dorée" ? D'autres choix aussi délicats vont s'imposer immédiatement, comment revenir sur des promesses électorales prises dans l'excitation d'une campagne très animée? Comment faire payer des impôts, dus par les plus riches propriétaires terriens que sont l'Eglise grecque, ou par les armateurs, habitués et prêts à fuir vers des lieux d'accueil moins hostiles pour implanter leurs sièges sociaux ? Que dire de la situation des banques , dont la continuité de l'action dépend uniquement des accords éventuels à signer avec l'Europe. Tout ceci va nécessiter une bonne dose de compréhension mutuelle de la part des délégations en présence, et surtout un vrai désir de sortir ce pays d'une ornière dont on peut craindre le pire.