Le mot Fraternité figure sur le frontispice de presque toutes les mairies de France. Au sens strict, il signifie lien de sang entre frères et soeurs issus d'une même famille, nés d'une même mère. Il est donc pratiquement le fruit d'un hasard génétique, et non choix délibéré. Et cependant, c'est très délibérément que certains choisissent de mener une vie privilégiant la fraternité, en apportant aux plus défavorisés ce qui leur manque, que ce soit au niveau matériel, ou souvent une présence et un appui moral devant l'adversité.La fraternité rend nécessaire et indispensable le respect de l'autre, de l'autre qui est un individu ordinaire comme nous-même, avec des qualités humaines et des défauts tout aussi humains. La fraternité ne peut exister et croître que dans l'intérêt et l'affection que nous ressentons pour l'autre. Il est donc important de se connaître, de s'apprécier, de se découvrir d'établir et de resserrer les liens qui nous unissent. A partir du fait que la fraternité n'est pas une réalité biologique, elle exige volonté et disponibilité. Offrons donc, avec notre cœur, notre affection et notre aide quand elles sont nécessaires, mais soyons prêts à recevoir conseils et reproches, qui nous permettront de progresser. Bien sûr, un certain degré de confiance est utile pour en arriver à ce stade, mais la confiance aussi, c'est de la fraternité.
La fraternité n'est pas de la complicité. La loyauté, la droiture lui sont indispensables. Elle n'existe que dans la liberté. Elle exclut toute volonté de pouvoir, tout combat pour imposer ses idées, elle est respect de l'autre. Est-il besoin d'exprimer à quel point elle est nécessaire ,et même constitutive de l'action humanitaire ? Toute compétition doit être exclue de ce type d'intervention, au profit de l'aide que l'on doit se sentir tenu d'apporter à toute autre structure engagée dans les mêmes batailles contre la misère , matérielle ou morale. Il arrive que des organisations veuillent s'approprier telle ou telle action à laquelle elle participe, comme si cette action leur appartenait, ou plutôt comme si elles désiraient se réserver la propriété de "leurs pauvres". Quelle triste vision de l'humanitaire, bien éloignée de la véritable fraternité !