A l'occasion de la Journée Mondiale du Réfugié, Le Haut Commissariat aux Réfugiés publie son rapport statistique annuel sur les tendances mondiales, analysant les déplacements forcés des populations dans le monde entier. Ce rapport nous permet de mesurer l'aggravation continue de la situation de ces personnes déplacées, puisqu'en 2015 le chiffre de celles-ci atteint 65,3 millions, contre 59,5 millions l'année précédente. Ce chiffre comprend 3,2 millions de personnes en attente d'une décision en matière d'asile, résidant dans les pays occidentaux, 21,8 millions de réfugiés, c'est-à-dire ayant quitté leur pays, et 40,8 millions contraintes de fuir leurs foyers, mais résidant encore dans leurs pays, la plupart du temps dans des conditions inacceptables. Un rappel: la population de la France est de 64,4 millions d'habitants, moins importante que le nombre de déracinés. Les enfants constituent 51% de ces déplacés sont des enfants, beaucoup sont séparés de leurs parents, ou voyagent seuls. Seulement 107100 personnes ont eu la possibilité de s'installer dans les pays qui les accueille. Ce dernier chiffre est totalement dérisoire. Il n'est, bien entendu, pas nécessaire d'ajouter quelque commentaire que ce soir pour qualifier cette situation de catastrophe humanitaire. Une prise de conscience serait indispensable, pour au moins tenter d'améliorer ces statistiques, aussi bien de la part des responsables politiques que de l'ensemble de la population. Il apparaît utopique de compter sur cette amélioration, mais l'utopie est indispensable, pour ne pas céder au découragement...