Comme d'habitude, les chiffres divergent concernant le nombre de manifestants de cette semaine. Une chose est certaine, le malaise grandit, particulièrement dans la jeunesse. Il y a quelques décennies, quelles que soient les études que l'on avait suivies, réussies ou pas, on avait un métier, qui le plus souvent permettait d'atteindre l'âge de la retraite, sauf choix personnel. Puis vint l'âge où il fallut occuper un emploi, souvent ne correspondant pas à la formation choisie, celle-ci ayant pourtant demandé des années d'efforts. Voilà que maintenant est venue la période des stages, interminables, peu rémunérés, peu gratifiants, distribués avec parcimonie car objets de multiples demandes. Le plus souvent, le succès est salué beaucoup plus que le talent, même et surtout peut-être en politique. Faut-il s'étonner des soubresauts que connaît notre société, qui ne réussit pas à susciter l'espoir chez nos adolescents ou chez nos jeunes adultes qui devraient trouver un emploi rémunéré, mais voient toutes les portes se fermer. Il faudrait sérieusement se poser la question du devenir de toute cette jeunesse impatiente, à juste titre, de construire son avenir. Deux possibilités s'offrent. Ou partager le travail, et donc les revenus, ce qui reviendrait à accepter de vivre différemment. Ou continuer cette folle course en avant, dont on perçoit chaque jours les limites. Ne pas faire de choix, comme c'est le cas actuellement, revient à inciter une partie de cette jeunesse à rejoindre des cercles politiques extrémistes, ou des mouvements relevant d'interprétations hasardeuses de certaines religions. Or, n'est-ce pas à cela que nous assistons, actuellement, aussi bien avec des jeunes qui rejoignent l'extrême droite, qu'avec d'autres qui partent faire le djihad en Syrie? Il est temps de réagir, il faut absolument que tous comprennent que le salut ne peut venir de ces extrêmes, mais d'une politique qui leur tende la main, qui permet le partage, qui ose la générosité, qui privilégie la tolérance.