Une nouvelle fois, la barbarie a frappé. Après Paris, après Bruxelles, après Orlando, après Bagdad, c'est Nice qui a payé un trop lourd tribut à une incompréhensible et sanglante violence. A l'heure qu'il est, aucune revendication ne permet de situer la responsabilité de cet acte fou, et de ses dramatiques conséquences. S'agit-il de l'acte d'un caractériel, croyant se donner de l'importance, inspiré par des exemples bien peu recommandables, mais diffusés trop souvent par des médias trop enclins à faire du sensationnalisme, fût-il sanglant, ou au contraire le conducteur du camion a-t-il obéi à des instructions précises d'un mouvement extrémiste qui, sous le prétexte d'une religion qui , par définition, prêche l'amour , tente de déséquilibrer notre monde occidental? Pour l'heure, notre souci doit être à la fois de ne pas faire porter à une fraction de la population quelque responsabilité que ce soit dans cet acte épouvantable. Et il convient également de ne pas profiter de la juste douleur et de la colère qui en découle pour faire porter une partie de la responsabilité de ce drame sur le gouvernement en place, ou sur la police. On peut toujours penser qu'il serait possible de mieux faire, cependant le risque "zéro" n'existe pas. Notons d'ailleurs que les grandes manifestations de l'Euro de foot-ball, qui ont rassemblé des dizaines de milliers de spectateurs, n'ont connu aucun incident, non plus que le Concert de Paris, qui a rassemblé au Champ de Mars, à l'heure même où se déroulait le drame de Nice, près de 400000 spectateurs. Mais, aussi lourd soit-il, un dispositif de contrôle peut être mis en place, dans le cas d'une enceinte fermée, autant un tel dispositif est-il impossible à déployer dans le cas où l'accès est libre. Essayons donc de raison garder, et surtout de ne pas tirer de conclusions hâtives, avant de connaître les circonstances et les motivations exactes de ces dramatiques événements de Nice.