Il y a quelques mois, la Grèce créait la surprise en se dotant d'un gouvernement élu sur une contestation vigoureuse des partis politiques, menée en réaction à une austérité rendue indispensable par une dérive funeste de l'économie. Cette dérive étant elle-même le fruit de l'incapacité de la classe politique à maitriser les dérives des dépenses publiques, et à faire respecter les lois régissant le code des impôts. En effet, les plus riches n'étaient pas assujétis à l'impôt, ou oubliaient simplement de le payer. d'où le sentiment d'injustice permanent ressenti pas ceux-là même qui en souffraient le plus :les salariés les plus modestes, les retraités, les petits commerçants. Tous avaient le sentiment de subir de plein fouet, et sans parade possible, les désastres liés aux dérives économiques du pays. Un sentiment de ras-le bol, devant tant d'injustices cumulées, se traduisait par un vote de contestation amenant au pouvoir une nouvelle classe de dirigeants, pratiquement sans aucune expérience, mais faisant preuve de générosité et surtout promettant une meilleure répartition des efforts. Un autre pays connaissant de grandes difficultés économiques, l'Espagne, vient de procéder à des élections locales. Là encore, un parti de "Sans Parti", les Indignés, remporte une victoire significative face aux deux formations que se partageaient jusqu'ici alternativement les responsabilités publiques. On peut penser que dans quelques mois, lors des prochaines élections nationales, le résultat devrait à nouveau conduire ces Indignés à la victoire, donc à la conduite des affaires. A bien regarder, c'est une remise en cause fondamentale des partis politiques traditionnels qui apparait, et que nous pourrions bien connaitre en France aussi. Prenons garde cependant que cette redistribution des responsabilités ne débouche chez nous sur l'émergence ou la confirmation de structures organisées, mais dont le souci majeur n'est pas la démocratie. Le préoccupation de la justice, du partage et de la fraternité doit toujours prévaloir sur ceux de la sécurité et de la tranquillité. Et l'accueil des réfugiés, qu'ils soient économiques ou politiques, ne devrait pouvoir être mis en cause .