Je me demande si notre 21° siècle ne sera pas connu sous le nom de "Siècle de la Peur", tant cette dernière semble présente en permanenece à tous les niveaux de notre réflexion.
Peur de l'avenir, d'abord, aiguisée par les difficultés économiques omniprésentes, dans notre existence quotidienne. La crise de civilisation que nous traversons actuellement , qui amène des bouleversements de tous ordres dans nos modes de vie, développe des craintes diffuses: crainte du chômage , crainte de ne pouvoir obtenir un logement décent, de ne pouvoir offrir à ses enfants la possibilité d'études leur permettant de trouver un emploi stable et valorisant, craintes du peu de stabilité de situations qui étaient il y a peu gage de permanence, crainte de ne pouvoir se soigner, crainte de la violence qui se développe à tous les niveaux, violences physiques comme violences morales dans notre quotidien, sentiment de solitude dans un environnement de plus en plus étouffant, crainte de vieillir dans l'indifférence de l'autre. On a le sentiment que le joie de vivre n'existe plus, que l'espoir, si nécessaire, d'améliorer nos conditions de vie, nous a quitté.
Et pourtant, ne serait-il pas temps de nous interroger sur nos habitudes et nos exigences ? Ne serait-il pas venu, le moment où nous devons admettre la fin de l'impossible fuite en avant de notre civilisation de consommation, destructrice de valeurs et de sérénité, rendant de plus en plus nécessaire une lutte de tous les instants pour simplement rester au niveau atteint à grand'peine ? N'est-il pas, au contraire, devenu plus indispensable que jamais de revenir et de développer l'entraide, le partage ,la solidarité, la fraternité ? Ce n'est qu'ainsi que pourra s'effacer cette peur qui nous anime actuellement, quand nous comprendrons à quel point l'autre peut être précieux, pour nous mais surtout ce que nous pouvons apporter à chacun, au prix quelquefois simplement d'un peu d'attention, d'une main secourable tendue au bon moment, d'une oreille attentive. Tout ceci est simple, facile à mettre en œuvre, ne coûte rien. Pourquoi semble-il si difficile de mettre ces petits, ces tout petits efforts en route ? C'est à cela que nous devons contribuer, c'est en ce sens que doivent tendre tous nos efforts, à convaincre chacune et chacun de se joindre à nous pour bâtir un monde plus juste et plus fraternel .
L'autre grande peur de ce 21° siècle est sans aucun doute la peur de l'autre. L'autre qui, dans notre environnement occidental, revêt le plus souvent les trait de l'islamiste, celui qui veut imposer sa religion, celui qui vient prendre notre travail. A cause de cette peur et de ses dérivés, notre monde a connu les Croisades au Moyen-Age, et, plus près de nous des destructions cruelles comme à Sarajevo, à Grosny,actuellement à Damas. A cause de cette peur un peuple entier vit depuis plus de soixante ans dans un immense camp de réfugiés ayant nom la Palestine, sans que quiconque s'étonne ou essaye sérieusement de lui venir en aide. Tout ceci partant d'idées préconçues ou fausses, car mélangeant des réalités objectives, que l'on doit reprocher sans relâche à quelques illuminés excessifs en proie à des délires obsessionnels, et l'immense majorité des populations arabes, désireuses , comme nous tous, de vivre en paix et en bonne harmonie avec tous ses voisins. Que dire aussi de cette peur de l'autre qui, dans l'Europe entière, pousse à chasser les Roms, peuplade originaire de Roumanie, en proie là aussi à d'abjects rejets de la part de la population locale, encouragée par ses dirigeants politiques. Les difficultés économiques, là aussi, accroissent le désir de chasse au faciès.
Pourquoi ne pas tenter le difficile pari , au contraire, du jugement objectif des difficultés des uns et des autres, et arriver à trouver un point central de convergence entre tous les individus, plutôt que de rechercher de supposées différences ? Et le point central est que nul n'est inférieur en raison de sa race, de sa couleur de peau, de sa religion ou de la civilisation dont il est issu. Pousser ce raisonnement à bout revient donc à reconnaître la réalité de la fraternité universelle, et donc la nécessité de l'aide mutuelle, en tous lieus et en toutes circonstances.
Il est temps de nous y mettre !
Rêvons ,l'utopie nous rendra espoir, et sera la réalité de demain.